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Un examen de la vue chez l’opticien pour renouveler verres correcteurs et lentilles

Le décret n° 2016-1381 du 12 octobre 2016 précise les conditions de renouvellement des ordonnances de verres correcteurs et de lentilles. Le rôle de l’opticien a été renforcé, en collaboration avec l’ophtalmologiste. Retour d’expérience avec deux opticiens Optic 2ooo, à Sèvres (Hauts-de-Seine) et Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

Opticienne Optic 2ooo qui réalise un examen de la vue

© Optic 2ooo

Depuis 2007, les opticiens ont le droit de procéder à un examen de la vue pour adapter l’équipement au moment du renouvellement. « Ce n’est donc pas une nouveauté du décret de 2016, mais le périmètre de cette activité est élargi, aux moins de 16 ans et aux lentilles de contact notamment », explique Laurent Mendelson, opticien Optic 2ooo à Sèvres.

D’autre part, la durée de validité des ordonnances est étendue de trois à cinq ans pour les verres correcteurs. La durée de validité ne change pas par contre pour les moins de 16 ans, avec une ordonnance valable seulement un an et trois ans pour les plus de 42 ans. « Il est logique que les personnes les plus à risque d’évolution, les moins de 16 ans et les plus de 42 ans, ne soient pas concernées par cette extension. En effet, après 42 ans, les risques de pathologies comme le glaucome ou la DMLA sont plus importants », justifie M. Mendelson. Pour les lentilles, la durée de validité des ordonnances est d’un an pour les moins de 16 ans et de 3 ans pour les plus de 16 ans.

En plus d’allonger la durée d’adaptation des prescriptions, le décret instaure également la possibilité pour l’opticien de délivrer un équipement sans ordonnance en cas de perte ou de bris.

Un professionnalisme reconnu

« Il y a une vraie reconnaissance de notre professionnalisme, avec la volonté d’instaurer une réelle concertation entre ophtalmologiste et opticien », se réjouit M. Mendelson. Chaque baisse significative de l’acuité visuelle ou problème particulier doit en effet être signalé au prescripteur. « Je travaille avec une dizaine d’ophtalmologistes qui ont décidé de jouer le jeu de cette délégation de tâches. Il faut que ça aille dans les deux sens et que les opticiens envoient les informations en retour », juge Christophe Le Tellier, opticien Optic 2ooo à Chalon-sur-Saône. « Nous devons surtout connaître nos limites par rapport aux pathologies oculaires. Nous ne réalisons pas un examen ophtalmologique ».

Pour assurer ce rôle au mieux, des opticiens Optic 2ooo ont reçu une formation spécifique, dispensée par un médecin ophtalmologiste. À Sèvres, 3 membres de l’équipe sur 6 ont été formés, 3 sur 9 à Chalon-sur-Saône, en 2014. « L’objectif n’est pas d’être tous formés mais de toujours pouvoir répondre à la demande », estime M. Le Tellier.

Des clients demandeurs

Opticien Optic 2ooo qui réalise un examen de la vue

© Optic 2ooo

Cette demande dépend beaucoup du lieu et de la disponibilité des ophtalmologistes. « En région parisienne, il est possible d’avoir un rendez-vous avec un ophtalmologiste dans les deux mois et en cas d’urgence, je peux aider des clients à obtenir un créneau dans la semaine. Mon activité d’examen de la réfraction n’est donc pas énorme, environ une heure par jour », raconte M. Mendelson. En province en revanche, notamment dans les déserts médicaux, cette extension du rôle de l’opticien est bienvenue. « Les praticiens sont débordés, avec des carnets de rendez-vous pleins sur trois mois. Ils n’ont pas la sensation de perdre de la clientèle si nous réalisons des examens de réfraction pour renouveler des équipements », détaille M. Le Tellier, qui pratique quatre à cinq examens par jour.

Les deux opticiens ont tout mis en œuvre, comme exigé dans le décret, pour assurer au mieux cette mission. Les examens, qui prennent environ vingt minutes par client, sont réalisés dans une pièce dédiée, isolée visuellement et phoniquement du reste du magasin, et équipée d’une unité de réfraction. L’opticien réalise d’abord une histoire de cas, écoute les demandes du client, puis procède à l’examen de réfraction proprement dit, en partant de la correction précédente. « Cet examen nécessite un investissement important mais nécessaire pour travailler dans de bonnes conditions. Grâce à cela, les clients sont demandeurs, même s’ils peuvent légitimement vouloir revoir leur ophtalmologiste par la suite », explique M. Mendelson. Le décret n’étant pas rétroactif, seules les ordonnances émises depuis le 16 octobre 2016 sont concernées. Malgré cette mise en place progressive, les opticiens Optic 2ooo sont déjà prêts pour assurer au mieux cette mission de substitution.

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