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Les opticiens spécialistes Basse Vision : une réponse à la malvoyance

Plus de 2 millions de personnes souffrent actuellement en France de malvoyance, aussi appelée basse vision. Un chiffre qui devrait doubler d’ici 2050, un défi pour les professionnels de la vue. L’enseigne Optic 2ooo a décidé de formaliser son accompagnement des personnes malvoyantes par un agrément.

Logo des points experts basse vision d'Optic 2000Ils sont exactement 177 pour le moment. Cent soixante-dix-sept opticiens Optic 2ooo répartis en France qui ont demandé et obtenu leur agrément « Basse Vision ». « C’était une évidence avec les problèmes liés au vieillissement de la population, de nombreux clients sont en attente de compétences techniques et d’un accompagnement personnalisé », explique Mathieu Borel, opticien à Saint-Raphaël, dont le centre est agréé Basse Vision depuis 2012. « Pour moi en tant qu’opticien, c’était aussi l’opportunité de faire évoluer mon métier, de me spécialiser dans un domaine plus technique et de me démarquer de la concurrence ». Comme d’autres, l’opticien est venu à la basse vision suite à une formation proposée par Optic 2ooo qu’il a souhaité compléter par un DU basse vision de la faculté d’Orsay.

Optic 2ooo a décidé d’investir ce champ depuis 2009. « Il nous semblait que l’opticien devait s’approprier une démarche d’accompagnement nouvelle quand la correction visuelle touche à ses limites. Nous avons donc lancé le projet des CECOM (centre d’orientation pour les personnes malvoyantes) [1] et en parallèle, notre conseil scientifique a réfléchi à la définition de critères pour un agrément Basse Vision des magasins Optic 2ooo (formation, aménagement des locaux, matériels adaptés, relations avec l’environnement médical et associatif…) », rappelle Philippe Blanc, responsable Basse Vision au sein de l’enseigne.

Une nouvelle réponse à des besoins quotidiens

La basse vision est causée par différentes pathologies, les plus répandues étant la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge), le glaucome, la cataracte et la rétinopathie diabétique. L’acuité visuelle du meilleur œil est inférieure ou égale à 3/10e, ou le champ visuel fortement atteint. Bien souvent, ces déficiences s’accompagnent d’une perte d’autonomie, avec une difficulté pour accomplir des tâches du quotidien, comme se déplacer sans heurter d’objets, des difficultés pour lire le journal, apprécier les couleurs, reconnaître des visages familiers. Il s’agit alors d’apporter une réponse à une souffrance et à des demandes concrètes.

_MG_0075« Je peux recevoir sur place dans une salle isolée de mon magasin ou me déplacer à domicile. Je rencontre des personnes fragilisées, paniquées, qui parfois ne peuvent même plus ouvrir leur courrier. C’est très valorisant de pouvoir faire quelque chose pour elles », témoigne Thierry Ruyselaar, opticien à Strasbourg, dont le magasin est agréé depuis 2012. Le plus souvent, ces clients sont envoyés par leur ophtalmologiste ou orthoptiste, avec qui l’opticien va ensuite se mettre en contact par des fiches de liaison qui font le point sur l’accompagnement et les prestations proposées.

L’entretien est long, entre une heure et une heure quinze, dans un espace isolé. « Classiquement, on pratique une anamnèse, l’histoire du cas, un bilan optique. On fait le bilan des attentes du client avant de proposer du matériel », détaille Mathieu Borel. « Celui-ci est toujours prêté huit jours environ pour permettre à la personne de le tester, on ne vend jamais tout de suite », poursuit Thierry Ruyselaar. « Parfois même, la personne vient une première fois pour découvrir, puis repasse longtemps après. Il ne faut pas brusquer les gens et sensibiliser aussi leurs familles », renchérit Mathieu Borel.

Des réseaux contre l’isolement

_MG_0079Les aides visuelles proposées vont des filtres aux loupes électroniques, aux télé-agrandisseurs, et aux lampes avec des couleurs particulières, « très efficaces pour redonner de l’acuité visuelle », selon Thierry Ruyselaar. « On a un impact sur la qualité de vie des clients et l’on peut même leur indiquer comment se faire aider pour obtenir des financements, de la MDPH[2] ou autres », précise Mathieu Borel. Les magasins agréés travaillent en effet en réseaux avec d’autres acteurs. « En premier lieu bien évidemment les ophtalmo-rétinologues et les orthoptistes, mais aussi des associations, des EHPAD… », énumère l’opticien. Des réseaux nécessaires à la bonne marche de cette activité qui ne peut se pratiquer en solitaire et dans laquelle il est nécessaire de se faire connaître.

Pour l’heure, 17 départements en France manquent encore d’un centre agréé Optic 2ooo mais le Groupe entend bien sensibiliser plus autour de son projet, et atteindre à terme les 200 centres agréés pour mailler tout le territoire, au plus près des personnes malvoyantes.

 

[1] Les centres de basse vision CECOM proposent à Paris, Lille et bientôt Besançon, gratuitement, des conseils, une évaluation avec un orthoptiste et un opticien spécialisés, des essais d’aides visuelles, et une orientation dans un parcours de soin personnalisé.
[2] Maison Départementale des Personnes Handicapées

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