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Des chaines de solidarité pour fabriquer des lunettes de protection

Pour les travailleurs exposés, se protéger du COVID-19 nécessite un équipement adapté, comprenant dans certains cas des lunettes ou une visière de protection. La demande est très importante et ces équipements difficiles à trouver. Grandes entreprises et petits entrepreneurs redoublent d’ingéniosité et de générosité pour proposer des solutions.

La protection des yeux, essentielle pour les soins en réanimation

Les soignants au contact de personnes infectées en réanimation doivent pratiquer des soins invasifs et des gestes sur la sphère respiratoire qui nécessitent le port d’un équipement renforcé, comprenant [1] :

  • une surblouse à manches longues à usage unique, parfois complétée d’un tablier plastifié en cas de soins mouillants ou souillants,
  • un calot pour couvrir les cheveux,
  • des surchaussures,
  • un masque FFP2, filtrant,
  • des gants, parfois doublés,
  • et des lunettes avec protection latérales ou une visière de protection, répondant à la norme NF EN 166 « Protection individuelle de l’œil – Spécifications ».

Lunettes de protection contre le Covid-19Les lunettes de protection permettent de se prémunir contre les projections dans et autour de l’œil. S’il n’a pas été démontré pour l’instant que le nouveau coronavirus pouvait être présent dans l’œil ou se transmettre par ce biais, l’American Academy of Ophthalmology (AAO) estime tout de même que ce risque existe, si une personne infectée projette des gouttelettes dans l’œil d’une autre personne en parlant ou en toussant, ou bien encore si on se touche l’œil après avoir touché une surface infectée. Le risque potentiel est d’autant plus important pour les personnels soignants amenés à pratiquer des soins invasifs et des gestes sur la sphère respiratoire de patients malades.

Dans la mesure du possible, le choix des lunettes doit tenir compte de différents critères, selon l’utilisation qui en sera faite. Dans le cadre de la protection contre le Covid-19, il faut notamment penser à :

  • La compatibilité avec le port d’un masque. Les masques FFP2 peuvent être de forme « bec de canard », 2 plis, 3 plis, ou « coque », qui remontent jusqu’en haut du nez.
  • La durée du port des lunettes. Pour un port de longue durée, les lunettes de qualité optique de classe 1 seront plus adaptées.
  • La résistance à la buée. Préférer les lunettes constituées d’un écran double, ou ayant subi un traitement de surface antibuée.
  • La résistance à l’usure et à l’entretien, notamment le nettoyage.
  • Le confort de l’utilisateur : poids, branches ajustables, conception du pont nasal, aération, compatibilité avec le port de lunettes de vue…

Les lunettes de protection peuvent être remplacées ou doublées par des visières, partant du front et descendant jusqu’au cou. Comme elles couvrent plus de surface elles protègent mieux que ces premières. Elles ont aussi l’avantage de ne pas générer de buée et de pouvoir être retirés depuis l’arrière de la tête, sans toucher le visage. En revanche, malgré le fait que la visière recouvre l’ensemble du visage, elle ne remplace pas le masque FFP2, qui filtre l’air respiré. Les visières, également appelées « écrans faciaux », ne doivent donc pas être utilisées seules mais en complément du masque [2].

D’autres professions exposées au public comme les caissiers et caissières en supermarché ou encore les pompiers s’intéressent à ces protections. Pour qu’une visière soit efficace, les deux faces doivent être nettoyées régulièrement, par exemple avec de l’eau et du savon. Il faut également éviter de porter les mains au niveau du visage sous la visière. Le port d’une visière ne dispense pas non plus d’appliquer les autres mesures barrières pour éviter la propagation du virus2 (cf encadré en fin d’article).

L’émergence d’un mouvement solidaire pour faire face à la pénurie de matériel

Face à la pénurie d’équipements de protection, plusieurs initiatives solidaires se mettent en place pour fournir masques, solution hydro-alcoolique, surblouses, visières de protection et autres aux travailleurs les plus exposés. Des « makers », ces passionnés d’impression 3D qui fabriquent des objets en plastique depuis chez eux, ont mis en place plusieurs chaines de solidarité à travers le pays, pour fournir les soignants et les autres professionnels en première ligne face au virus.

Anthony Seddiki, un jeune motard essonnien, avait l’habitude de confectionner des pièces en 3D pour ses deux-roues. Désormais, il confectionne des visières de protection, plus de 500 exemplaires par jour. L’imprimante 3D permet de confectionner un serre-tête en plastique, sur lequel on vient fixer une feuille transparente.

Logo de l'initiative Visières solidaires

Fin mars, Anthony Seddiki crée « Visière Solidaire » l’une des plus grosses chaînes de solidarité en France. Début avril, on recense plusieurs dizaines de groupes similaires sur tout le territoire. La plateforme « Covid3D », lancée par la « maker » et Youtubeuse Heliox, recense le 8 avril plus de 17 000 visières distribuées. Le magazine spécialisé « 3Dnatives » a de son côté lancé la plateforme « Les visières de l’espoir » qui met en relation les entreprises pouvant aider à produire des visières avec les hôpitaux qui en ont besoin.

Le principe de ces réseaux d’entraide : Des « makers » fabriquent les visières et d’autres volontaires aident à leur livraison ou encore prennent en charge la coordination. Des entreprises ont aussi mis à contribution leurs imprimantes 3D industrielles ou leurs moyens de production, reconvertis pour fabriquer des équipements de protection. Des entreprises proposent également leur stock de polyéthylène téréphtalate (PET), de polyuréthane thermoplastique (TPU) ou d’acide polylactique (PLA), des plastiques utilisés pour l’impression 3D.

Les équipements sont ensuite distribués gratuitement à ceux qui en ont besoin : personnels soignants, pompiers, magasins de la grande distribution, etc. Les hôpitaux de Caen, Corbeil-Essonnes, Nantes, Montpellier, Nîmes, Bordeaux, Saint-Etienne et beaucoup d’autres ont déjà bénéficié de ces visières. L’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP) s’est quant à elle vu offrir 60 imprimantes 3D, disposées à l’hôpital Cochin, et qui vont pouvoir fabriquer le matériel nécessaire à la prise en charge des patients : visières, valves pour respirateur artificiel, matériel d’intubation, masques, etc.

Les gestes barrières à adopter pour limiter la propagation du virus :
– Lavez-vous régulièrement les mains
– Toussez ou éternuez dans votre coude ou dans un mouchoir
– Utilisez un mouchoir à usage unique et jetez-le
– Saluez sans se serrer la main, évitez les embrassades
– Restez à plus d’un mètre de distance les uns des autres
Retrouvez toutes les informations officielles sur nouveau coronavirus sur le site du gouvernement : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

 

[1] Ministère des solidarités et de la santé https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/coronavirus/professionnels-de-sante/article/dans-les-etablissements-de-sante-recommandations-covid-19-et-prise-en-charge#Hopitaux-et-personnels-hospitaliers 
[2] INRS http://www.inrs.fr/risques/biologiques/faq-masque-protection-respiratoire.html 

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