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Lecture : le numérique pour aider les enfants en difficulté

Chaque mois de septembre, de nouveaux enfants entrent en CP, année pivot pour l’apprentissage de la lecture. Mais certains élèves, en particulier ceux qui seront diagnostiqués dyslexiques, connaîtront des difficultés pour apprendre à lire. Aujourd’hui, plusieurs outils numériques peuvent leur apporter des solutions.

Logiciel d'entraînement GraphoLearn

Logiciel d’entraînement GraphoLearn

Les difficultés peuvent survenir très rapidement dans l’apprentissage de la lecture. L’enfant peut par exemple avoir du mal à associer les graphèmes, qui sont les unités de base de l’écrit (lettres, groupes de lettres et ensuite les mots) avec les sons correspondants, les phonèmes. « Or, cette étape de décodage puis son automatisation sont nécessaires car on ne peut pas apprendre des listes de mots par cœur » explique Johannes Ziegler, directeur du laboratoire de psychologie cognitive à l’université Aix-Marseille, qui a adapté en français le logiciel d’entraînement GraphoLearn.

Les avantages des logiciels 

Qu’apporte le numérique ? De plus en plus de logiciels et d’applications permettent de faire des répétitions « à l’infini » : l’enfant voit par exemple un mot écrit et entend sa prononciation. Il s’agit de mettre en place l’automatisation de la lecture. « Un enseignant ne peut pas réaliser cet enseignement très individualisé » rappelle le chercheur.

Pour cela, outre la répétition, les outils d’entraînement numériques apportent différents avantages :

  • Les lettres sont écrites de sorte à ce que l’enfant les distingue bien les unes des autres. La typographie est adaptée et les lettres bien espacées. Il existe même des polices de caractères spécifiques pour les enfants dyslexiques qui permettent de mieux faire la différence entre les lettres comme b/d, p/q et u/n qui sont les plus confondues.
  • La voix est de très bonne qualité et le volume peut être réglé. Il y a une parfaite synchronisation entre l’apparition du mot sur l’écran et sa vocalisation, donc une synchronisation entre les informations venant des yeux et celles venant des oreilles. La répétition à l’infini est possible, il n’y a donc pas de perte de patience du parent, l’enfant peut aller à son rythme.
  • Quand il s’agit ensuite de lire des phrases, la mise en forme du texte avec des sauts de ligne et/ou des surlignages en couleur facilite la lecture.
  • L’aspect ludique et la diversification des textes est essentiel pour éviter décrochage et découragement.
Portrait de Johannes Ziegler

Johannes Ziegler

Pour Johannes Ziegler, le numérique est une intervention de première intention qui peut se mettre en place au sein de l’école ou au domicile dès les premiers signes d’alerte chez tous les enfants, même si tous les enfants ayant des difficultés de lecture ne seront pas diagnostiqués dyslexiques. Il faut savoir que le diagnostic est posé plus tard : quand l’enfant a un retard de lecture de deux ans par rapport à l’âge biologique. Autrement dit, quand un enfant de CE2 lit comme un CP.

Des outils numériques pour plus d’égalité

Après la première étape de l’entrée dans la lecture, les enfants dyslexiques continueront à avoir des difficultés de lecture. Malgré une bonne compréhension orale, la reconnaissance des mots écrits reste insuffisamment automatisée. Le but des outils numériques à partir de ce moment est de ne pas contrarier les autres apprentissages. On parle d’outils de compensation. « Un logiciel de reconnaissance de la parole, un correcteur d’orthographe et donc l’utilisation d’un ordinateur portable doivent être autorisés. Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas injuste vis-à-vis des autres élèves. Au contraire, ces outils aident à l’égalité » plaide Johannes Ziegler. Il conclut : « la dyslexie est un trouble spécifique. Il n’y a pas de raison que les enfants dyslexiques soient pénalisés dans d’autres matières ».

 

Pour en savoir plus :
Apprendre à lire : mécanismes, prérequis et obstacles, Johannes Ziegler pour l’Observatoire de la santé visuelle et auditive, 2019. 

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