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Des protections auditives et visuelles plus performantes et confortables pour les travailleurs

La protection de la vision et de l’audition des salariés est un enjeu important pour les entreprises. Elle repose sur deux notions : la réduction des risques à la source et le port d’équipements de protection individuelle (EPI). Ces EPI ont déjà connu des progrès remarquables en l’espace de quelques décennies. La miniaturisation de l’électronique et le développement de nouveaux matériaux devraient offrir dans les années à venir des protections encore plus adaptées.

L’atténuation plate du son, une première révolution pour les protections auditives

Ouvrier qui perce et qui porte un casque et des lunettes de protection

© South_agency

Utilisés depuis les années 1970, les bouchons en mousse, jetables ou réutilisables, restent encore des moyens de protection efficaces contre le bruit. Bon marché, ils atténuent le bruit environnant d’une trentaine de décibels. Un bruit de 100 dB, considéré comme traumatisant pour l’oreille, est ainsi ramené en-dessous des seuils où apparaissent les premières lésions. Le problème : avec ces bouchons, l’atténuation n’est pas linéaire, les aigus sont généralement mieux filtrés que les graves. Le spectre sonore est donc modifié et mal restitué au porteur.

Dans les années 1990, une première révolution : l’atténuation plate, d’abord intégrée dans les casques. Ce type de protection auditive filtre l’ensemble des fréquences de façon quasi équivalente, ce qui restitue un environnement sonore de qualité et notamment une meilleure intelligibilité des conversations. À la même période, apparaissent également les premiers protecteurs électroniques. Ils atténuent eux aussi le son de manière linéaire, mais ont en outre l’avantage d’être programmables (on choisit le niveau d’écoute souhaité). En parallèle, la miniaturisation permet à l’atténuation plate de se développer pour les bouchons d’oreilles. Des filtres sont intégrés dans des bouchons individualisés, moulés au conduit auditif de la personne qui les porte. Le filtre plastique inséré dans le bouchon en acrylique peut être changé en fonction de l’exposition au bruit.

Les protections auditives actives, un premier pas vers la digitalisation complète

L’évolution des métiers va vers une polyvalence accrue et donc des besoins de protection auditive variables au fil d’une même journée. Il faut donc des EPI capables de s’adapter à des environnements sonores changeants. L’évolution technologique permet depuis peu d’insérer de l’électronique dans des bouchons moulés. Ainsi chez 3M est né le LEP 100, un bouchon d’oreilles à « modulation sonore ». Malgré sa petite taille, c’est un des atténuateurs les plus puissants du marché (29 à 32 dB). Il permet d’être exposé à des bruits allant jusqu’à 115 dB pendant 8 heures et de s’adapter à des expositions sonores variables, liées à la polyvalence des opérationnels. Imprimer des circuits électroniques coûte de moins en moins cher et la miniaturisation permet de son côté d’envisager de nouvelles solutions individuelles. On arrive aujourd’hui à proposer des casques électroniques d’entrée de gamme à moins de 100 euros, et qui ont une durée de vie d’environ 5 ans.

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© South_agency

Les casques les plus performants du marché associent une très forte atténuation du son et un micro. Ce dernier permet de restituer les sons que l’on souhaite entendre, comme les conversations, en sélectionnant les fréquences à reproduire et leur intensité. Dans les modèles les plus évolués, lorsque le micro capte une nuisance sonore, une puce spécialisée dans le traitement de signal analyse le bruit et génère presque immédiatement un « contre-bruit » en opposition de phase. Les deux ondes sonores, opposées, s’annulent. Ces casques capables de restituer et de créer des sons sont qualifiés d’ « actifs » en opposition aux protections auditives « passives », qui n’ont qu’un rôle d’atténuation.

De nouvelles innovations pour les casques et bouchons auditifs se préparent dans les laboratoires. Les prochaines générations de protection seront connectées, permettant d’envisager toutes sortes d’améliorations, comme la possibilité de régler son équipement depuis son smartphone à tout moment.

Protéger la prunelle de ses yeux

En matière de protection visuelle, les progrès sont moins impressionnants mais réels, notamment pour ce qui est du confort d’utilisation. La protection visuelle comporte trois catégories selon le type de tâche à effectuer : les lunettes de protection, les lunettes-masques qui englobent plus largement le haut du visage, et les visières pour les travaux plus à risque. Ces EPI visent principalement à protéger l’œil des poussières ou du risque qu’un petit éclat vienne se ficher dans la sclère (le blanc de l’œil). Le polycarbonate a été la première révolution dans ce domaine. Solide et plutôt léger, il offre une qualité de protection remarquable. Reste que beaucoup de protections sont lourdes et encombrantes. Par ailleurs, le port de lunettes de vue sous les masques peut être inconfortable, à cause de la pression des branches sur les tempes.

Deux ouvriers entrain de souder

© Cristian Lazzari

Le défi des fabricants consiste donc à créer de nouveaux modèles, plus petits, plus légers, mais avec la même résistance aux impacts et aux agressions chimiques. Les industriels ont donc développé des protections innovantes comme des lunettes-masques dans lesquelles on peut clipser un insert avec des verres à la vue de la personne. Cela évite de mettre des lunettes de vue sous le masque.

L’autre évolution passe par des revêtements spécifiques, notamment pour éviter la formation de buée ou les rayures. L’objectif : que les lunettes restent confortables et que l’opérateur n’ait pas besoin de les retirer régulièrement pour les essuyer. Sur les premiers modèles, les verres étaient trempés dans un bain spécial qui empêchait la condensation et les rayures. Mais la protection s’estompait au fil du temps. Depuis, certains fabricants ont mis au point des films qu’on applique sur le verre, beaucoup plus résistants et durables.

Quels défis pour les protections visuelles demain ?

Il faudra répondre aux nouveaux risques professionnels tels que les lasers, les LED ou encore les infrarouges qui sont de plus en plus utilisés aujourd’hui. De nombreux secteurs utilisent également une lumière colorée de longueur spécifique pour réaliser les contrôles qualité. Ces rayonnements peuvent être nocifs pour l’œil. Une autre voie de développement : des lunettes intelligentes et connectées. Ainsi, l’industriel américain Daqri est actuellement en train de préparer des lunettes sur le modèle des Google Glass. Il s’agit d’une sorte de casque muni d’une caméra pour voir l’extérieur où les informations nécessaires sont directement projetées sur les lunettes. Ce système permettra au porteur de conserver son équipement de protection à tout moment, sans avoir à le retirer pour consulter un écran par exemple.

 

Pour en savoir plus : www.synamap.fr

Remerciements au SYNAMAP, Syndicat National des Acteurs du Marché de la Prévention, et à M. Martial Bouvin, ingénieur du département « solutions pour la protection individuelle » chez 3M.

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