Optic 2000 - Observatoire de la santé visuelle & auditive
Accueil > Demain > Réflexions autour de la santé de demain > Les systèmes embarqués d’aide à la conduite au service de notre vision et audition

Les systèmes embarqués d’aide à la conduite au service de notre vision et audition

Radar de recul, avertisseur d’angle mort, caméra thermique, aide au stationnement, de nombreux systèmes embarqués viennent déjà appuyer notre vision et notre audition au volant. La voiture de demain continuera d’augmenter nos performances sensorielles sur la route, au point de pouvoir s’y substituer parfois. Les spécialistes imaginent même que les déficits visuels et auditifs pourront être compensés par la voiture elle-même.

Voiture hyper connectée

©chombosan

Les systèmes embarqués d’aide à la conduite, ou ADAS (Advanced Driving Assistance Systems), ont pour objectif d’améliorer le confort et la sécurité du conducteur, de ses passagers et des autres usagers de la route. Ces systèmes peuvent surveiller l’attention et la vigilance du conducteur ou capter l’environnement extérieur du véhicule, en améliorant les perceptions du conducteur voire en les remplaçant par celles de la technologie.

Compenser les déclins visuels et auditifs

La voiture de demain pourrait compenser les déficits sensoriels. Comment ? L’Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR) mise par exemple sur un pare-brise intelligent, sur lequel serait projetée une représentation de l’extérieur. Il matérialiserait la trajectoire, mettrait en surbrillance les objets de l’environnement, ou encore indiquerait la vitesse du véhicule sans que le conducteur ait besoin de quitter la route des yeux. Les obstacles pourraient également être signalés par une alerte sonore localisée. En cas de déficit auditif, les signaux sonores, comme les klaxons ou les sirènes ne pouvant pas être correctement perçus par le conducteur, pourraient être transformés en signaux visuels projetés sur le pare-brise, afin d’attirer l’attention du conducteur vers la source du bruit.

Pour la conduite de nuit, identifiée comme un des principaux risques liés à la vision sur la route par 54 % des automobilistes, les constructeurs travaillent au développement de systèmes de vision nocturne embarqués. En utilisant des cartes 3D en haute résolution, prenant en compte la topographie de la route, les marquages horizontaux (au sol) et verticaux (panneaux) et l’environnement extérieur, les voitures seront capables de « voir » en pleine nuit avec précision. Des avancées technologiques dont pourront notamment bénéficier les personnes âgées, qui se déclarent particulièrement gênées pour conduire dans des situations de visibilité dégradée comme la nuit. De plus, ces systèmes permettront de maintenir leur mobilité.

Les capacités sensorielles et cognitives humaines resteront indispensables

Femme au volant avec un passager

©Martinan

40 % des Français imaginent que la voiture de demain pourra être conduite sans les yeux (« eyeless »). Malgré les progrès fulgurants observés dans ce domaine, les ADAS ne remplacent pas encore les capacités sensorielles et cognitives humaines. Loin d’être infaillibles, ces systèmes peuvent se tromper et le conducteur doit pouvoir reprendre la main sur le véhicule à tout moment. La Convention de Vienne sur la circulation routière a été révisée en 2016 pour intégrer les ADAS. S’ils sont désormais officiellement autorisés, ils doivent être conformes aux règlements des Nations Unies, ou bien doivent pouvoir être contrôlés voire désactivés à tout moment par le conducteur [1].

« Plus la voiture sera autonome, moins le conducteur fera de choses, mais il sera sollicité dans les situations les plus complexes » explique Jean-Luc Chabaudie, directeur de la recherche chez Altran. La recherche s’intéresse donc au basculement qui devra s’opérer entre une activité de passager passif et une conduite active. Il faudra sans doute que les automobilistes continuent à pratiquer la conduite un minimum, pour être en mesure de reprendre les commandes lorsque la situation l’impose.

 

[1] https://www.legipermis.com/voiture-autonome/voiture-autonome.html

Ne manquez pas les derniers articles de l'Observatoire de la santé visuelle et auditive.
> Inscrivez-vous à la Newsletter mensuelle.