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Perte auditive, acouphènes, hyperacousie… le rôle de l’audioprothésiste

Professionnel de santé spécialisé et diplômé d’État, l’audioprothésiste apporte prévention, conseil et accompagnement à des patients de tout âge souffrant de perte auditive, d’acouphènes, d’hyperacousie… Éclairage sur le cœur de métier des audioprothésistes AUDIO 2000, qui requiert des qualités humaines et techniques, ainsi qu’une grande expertise des corrections de l’audition.

audioprothésistePrésent tout au long du parcours de soin de la perte auditive

Professionnels de santé de proximité, les audioprothésistes jouent un rôle crucial dans la prévention, le dépistage et la prise en charge des pertes auditives. Ils accompagnent le patient tout au long du parcours de soin : bilan auditif, choix de l’aide la mieux adaptée, réalisation et essai de l’appareil sur-mesure, adaptation et suivi après l’appareillage, tests d’efficacité… Ils assurent aussi les réglages, l’entretien et les réparations de l’équipement du patient et établissent les compte-rendu en lien avec l’ORL.

La perte d’audition a un impact négatif sur la qualité de vie mais aussi sur la santé cognitive, du fait de la diminution des stimulations cérébrales. Par ailleurs, la compensation « naturelle » de la perte auditive demande un déploiement d’énergie supplémentaire qui entraîne de la fatigue et nuit à la concentration. La presbyacousie, la perte d’audition liée à l’âge, est la plus répandue, mais les audioprothésistes accompagnent également les patients plus jeunes et les enfants, avec une prise en charge adaptée. Les moins de 25 ans sont notamment sujets aux acouphènes. 56 % des 15-17 ans et 49 % des 18-24 ans disent ressentir ou avoir déjà ressenti des acouphènes [1].

L’aspect humain est essentiel. À côté des « patients qui sont très volontaires à être appareillés », il y a ceux qui sont, au contraire, totalement réfractaires comme l’explique Thomas Lebon, audioprothésiste AUDIO 2000 au Mans. Pour les convaincre de l’utilité de l’appareillage, l’audioprothésiste doit faire preuve de pédagogie et d’écoute. Accompagner les patients avec tact et psychologie vers une solution d’appareillage fait partie du cœur de métier. « C’est un métier gratifiant, surtout quand les personnes que vous avez accompagnées, poussent la porte du centre pour vous remercier ».

« Ce qui me plaît le plus ? Tout » répond l’audioprothésiste de 27 ans qui détaille : « j’aime le côté technique des appareils auditifs qui nous oblige à se tenir au courant des nouveautés, à participer à des formations dispensées par les fournisseurs ou la centrale AUDIO 2000 ». De fait, le secteur des aides auditives bénéficie des plus récentes avancées technologiques : les nouveaux appareillages intègrent maintenant le Bluetooth et peuvent être reliés à la télévision, au téléphone portable, ou tout appareil connecté ou intelligent pour améliorer le traitement du signal.

Comment devient-on audioprothésiste ?
Dix centres de formation permettent d’obtenir le diplôme d’Etat d’audioprothésiste. Le diplôme d’État (DE) s’obtient en trois ans au cours desquels de nombreux stages ponctuent la formation théorique qui comprend notamment de l’anatomie, de l’audiométrie, l’étude des pathologies de l’audition, l’épidémiologie de la surdité…
Pour en savoir plus : Fiche sur le métier d’audioprothésiste de l’Onisep

Mesurer la perte auditive pour mieux appareiller

« Certaines personnes me contactent après un rendez-vous chez l’ORL, d’autres viennent dans le cadre d’un premier test que je propose gratuitement dans mon centre ». Ce test non-médical réalisé par l’audioprothésiste sert à déterminer si le patient présente ou non une perte d’audition. L’audioprothésiste commence par prendre connaissance des antécédents du patient (otites, opérations de l’oreille, traumatismes, profession ou loisir bruyant…) ainsi que des examens déjà réalisés par ce dernier. Ensuite, le test auditif est réalisé dans une cabine insonorisée. Le patient porte un casque sur les oreilles et est soumis à différents sons. Il doit signaler à l’audioprothésiste s’il les entend ou non. L’audioprothésiste mesure d’une part l’audiométrie tonale, c’est-à-dire le seuil à partir duquel le patient perçoit les sons, et l’audiométrie vocale, l’intensité à partir de laquelle le patient comprend la parole. Ces mesures permettent d’établir un audiogramme, une représentation graphique de la perte auditive.

« Si je constate une perte d’audition du patient, je lui demande d’aller consulter un médecin ORL » explique Thomas Lebon. Le diagnostic et la prescription d’un ORL sont nécessaires lors de la première consultation pour que l’audioprothésiste puisse délivrer un appareillage au patient. Pour le renouvellement, le médecin généraliste peut faire la prescription.

Adapter le choix de l’appareil auditif à chaque besoin

Différents type d’appareils sont disponibles en centre AUDIO 2000 :

  • Les contours d’oreille sont le modèle le plus répandu en France. Ils ont l’avantage de s’adapter à tous les déficits auditifs, des plus légers aux plus sévères. Ils sont également particulièrement solides et résistants, avec une grande autonomie. L’appareil est constitué d’une coque, placée derrière l’oreille, qui contient tous les composants électroniques (microphone, amplificateur, écouteur et pile). Un petit tube souple relie la coque à un embout transparent, placé à l’entrée du conduit auditif et chargé d’acheminer le son jusqu’au conduit auditif.
  • Les écouteurs déportés sont plus petits que les contours d’oreille classiques. Plus discrets, ils offrent également un bon confort d’écoute. Sur ce type d’aide auditive, l’écouteur est placé dans le conduit auditif. Il est relié par un fil au reste de l’électronique situé dans le boîtier derrière l’oreille (microphone, amplificateur et pile).
  • Encore plus discret, l’appareil intra-auriculaire se place entièrement à l’intérieur du conduit auditif. Aucun boîtier n’est visible à l’extérieur de l’oreille. Il est fabriqué sur-mesure à partir d’une empreinte du conduit auditif pour s’adapter parfaitement à la morphologie de chaque patient.

En fonction de la perte auditive, du mode de vie, des besoins et du budget du patient, l’audioprothésiste lui proposera les aides auditives qui lui conviennent le mieux. « Généralement, le choix du type d’appareil (contour d’oreille, écouteur déporté ou intra-auriculaire) me revient. En revanche, le choix de la gamme donc du prix est celui du patient » explique Thomas Lebon. Les différentes aides auditives ont aujourd’hui des performances similaires dans le calme. C’est dans un environnement bruyant qu’on peut constater un écart significatif pour les appareils haut de gamme, qui sont pourvus de davantage de canaux, et permettent la perception de tranches fréquentielles plus fines.

Ensuite, l’audioprothésiste prend si nécessaire l’empreinte de l’oreille du client grâce à un moulage et fabrique des embouts sur-mesure.

Assurer un suivi année après année

Une fois l’équipement délivré, la phase d’adaptation peut alors commencer. Cette étape essentielle, d’une durée moyenne d’un mois, permet au patient d’essayer les aides auditives dans sa vie quotidienne. « La prestation de suivi consiste à vérifier l’audition et le ressenti du patient, notamment pour savoir s’il éprouve des difficultés dans certains environnements, et à procéder à des réglages et des ajustements » explique Thomas Lebon.

Puis, l’audioprothésiste revoit régulièrement le patient, à raison de trois à quatre fois la première année et deux fois l’année suivante. C’est aussi l’occasion d’entretenir l’appareil et de le nettoyer si besoin. Ce suivi est assuré par l’audioprothésiste pendant toute la durée de vie des appareils. Leur renouvellement est conseillé tous les quatre ans.

Une prise en charge adaptée aux nouvelles mesures sanitaires
Toute la prise en charge des patients dans les centres AUDIO 2000 a été revue afin de les accueillir en toute sécurité. Les visites se font sur rendez-vous, ce qui permet de limiter l’affluence dans le centre. Des zones de déplacement sont délimitées par des marquages au sol et les salles d’attente ont été adaptées pour respecter la distanciation physique. Les audioprothésistes portent un masque et une visière pendant toute la durée du rendez-vous. Les appareils auditifs, sièges, et cabines de test sont désinfectés avant et après chaque utilisation, devant le patient.

 

[1] Enquête IFOP-Journée nationale de l’audition 2018 sur « Les phénomènes des acouphènes et de l’hyperacousie ». Disponible sur https://www.ifop.com/publication/les-francais-et-les-phenomenes-des-acouphenes-et-de-lhyperacousie/ 

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