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Des radars antibruits pour réduire la pollution sonore

Plusieurs villes hexagonales testent actuellement de nouveaux radars sonores. L’objectif ? Traquer les voitures et motos les plus bruyantes, car souvent trafiquées, et préserver un environnement sonore sain et de qualité pour les habitants.

radar antibruit pollution sonore

Crédit photo : Unsplash

147 milliards d’euros. Ce chiffre astronomique correspond, selon un rapport¹ publié l’an dernier par le Conseil national du bruit (CNB) et l’Agence de la transition écologique (Ademe), au coût social annuel du bruit, subi par l’ensemble des Français (les coûts associés au bruit sont supportés par l’ensemble de la société, via ses impôts, et les particuliers). Le bruit des transports, qui compte pour 66,5 % du montant total, a des effets non-sanitaires (pertes de productivité, dépréciations immobilières…) et sanitaires (perturbations du sommeil, maladies cardiovasculaires, obésité…). Mais il semble avoir peu d’impacts sur l’audition (surdité, acouphènes…), dans la mesure où il s’agit rarement d’une exposition prolongée à des niveaux sonores supérieurs à 80 dB (décibels), précise l’Ademe.

Le bruit des voitures et deux-roues constitue toutefois une source majeure de stress et d’inconfort pour ceux qui le subissent régulièrement. C’est la raison pour laquelle Paris, aux côtés d’autres villes comme Bron ou Nice, expérimente actuellement des radars sonores, conçus pour détecter les véhicules les plus bruyants.

Ces tests sont menés pendant plusieurs mois, sans verbalisation, dans le cadre de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), entrée en vigueur fin 2019. Ils donneront lieu, s’ils sont concluants, à une homologation des systèmes de contrôle des émissions sonores utilisés « aux fins de constatation d’infraction et de verbalisation automatisée du titulaire du certificat d’immatriculation du véhicule », comme le précise le ministère de la Transition écologique. L’expérimentation actuelle doit en effet aider à « confirmer la faisabilité [des] contrôles automatiques » et à « définir les niveaux d’émissions sonores applicables, compte tenu des catégories de véhicules, de leur date de première mise en circulation et des vitesses maximales autorisées sur les voies de circulation ».

radar sonore

Crédit photo : DR

Le principe des radars sonores ? « Ils sont équipés de trois caméras et de deux modules acoustiques, qui comportent chacun quatre micros, pour repérer les engins qui émettent plus de 80 décibels, par exemple, lorsqu’ils sont en mouvement », explique Fanny Mietlicki, directrice de l’association Bruitparif, un centre d’évaluation technique de l’environnement sonore francilien qui a déjà conçu plusieurs exemplaires de son prototype de radar sonore pour des déploiements à Paris, à Villeneuve-le Roi et en Vallée de Chevreuse (une région dotée de routes sinueuses, particulièrement appréciées des motards). « Les différents micros permettent de mesurer le niveau sonore et d’identifier avec précision la localisation de la source émettrice (en mouvement), tandis que les capteurs visuels nous servent à déterminer le véhicule en cause et à récupérer les informations qui permettront de verbaliser le moment venu. »

Pour cette spécialiste, les pics de bruit émis par certains véhicules, notamment les deux-roues motorisés, sont la source de la gêne liée au bruit des transports, qui est la plus fréquemment citée par les Franciliens (à 35%)². « Il n’est pas exclu, par ailleurs, que le passage d’un véhicule très bruyant ait occasionnellement des conséquences auditives pour les personnes qui se trouvent juste à proximité, et en particulier les enfants », précise-t-elle.

D’autres modèles de radars sonores sont actuellement testés par les sociétés MicroDB et Acoem, notamment à Bron, à Paris, et dans la Vallée de Chevreuse.

[1] Le coût social du bruit en France. Étude réalisée pour l’Ademe, juin 2021.
https://www.bruit.fr/images/stories/les-chiffres-du-bruit/Rapport_complet_Cot_Social_Bruit_et_mesures_bruit_air_-_VF5.pdf

[2] Qualité de vie et nuisances sonores : opinion et comportements des Franciliens, étude Crédoc pour Bruitparif, juin 2017.
https://www.bruitparif.fr/

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