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De la tech’ dans les aides auditives

Le Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales, le SNITEM, fait régulièrement le point sur les innovations dans les dispositifs médicaux.

En 2020, une nouvelle publication sur l’audiologie a été mise en ligne. Directeur support clients chez Sonova France, société spécialisée dans la production d’appareils auditifs, Amélien Debes est un membre actif du SNITEM, au sein du pôle audiologie. A ce titre, l’Observatoire de la santé visuelle et auditive l’a l’interrogé sur les évolutions des performances des aides auditives externes.

De quelles innovations récentes les porteurs d’aides auditives bénéficient-ils aujourd’hui ?

Amélien Debes. : Aujourd’hui, on dispose de batteries lithium rechargeables intégrées dans les aides auditives. Cela simplifie réellement le quotidien des patients. Jusqu’à 2016, c’était plutôt une niche pour les patients ayant des difficultés à changer les piles à cause d’une psychomotricité fine altérée. Aujourd’hui, ce type de batterie concerne 50 % du marché. Outre une charge rapide, ces batteries sont autonomes pendant 24 heures, ce qui signifie qu’elles permettent une journée complète d’audition avec une seule charge. Pas de risque de fin de vie d’une pile au milieu d’un repas ! Deuxième innovation : la connectivité directe s’est répandue. Autrement dit, les aides auditives sont connectées directement à l’ordinateur, au téléphone portable ou encore à la télévision par un signal Bluetooth. Depuis trois ans, la miniaturisation des puces Bluetooth, grâce à une diminution remarquable de leur consommation d’énergie, a permis de les intégrer à l’intérieur des appareils. Cette possibilité de recevoir directement les sons des différents périphériques multimédias facilite les interactions et renforce l’intégration des malentendants dans la société. Il faut savoir que les appels téléphoniques ou l’écoute de la musique sont des situations compliquées pour les porteurs d’aides auditives.

 

La relation des audioprothésistes à leur patientèle évolue-t-elle avec la technologie ?

A.D. : Oui et c’est d’ailleurs la troisième innovation majeure dont je souhaite vous parler. La digitalisation des réglages permet à l’audioprothésiste d’ajuster les réglages ou d’activer certaines options à distance à l’aide d’une application smartphone. Les données d’adaptation sont collectées dans les aides auditives via une connexion Bluetooth et l’audioprothésiste peut ensuite ajuster avec précision les réglages. C’est une des grandes révolutions du début des années 2020. Il ne s’agit pas de se passer des rendez-vous en présentiel : un suivi biannuel est recommandé au-delà de la première année au cours duquel des réglages et des tests auditifs (tonale, vocale, champ libre, vocale dans le bruit) sont effectués, puis un rendez-vous à 24 mois. Cette pratique de l’audiologie à distance concerne uniquement des micro-réglages sur les aides auditives. C’est un service additionnel qui est possible une fois que les rendez-vous de tests et de réglages ont été effectués. C’est évidemment une simplification du parcours des patients qui leur permet de limiter certains déplacements et de faire face aussi à des situations comme le confinement. Le concept des outils de réglage à distance est de fluidifier la relation patient-audioprothésiste.

 

Comment l’intelligence artificielle est-elle utilisée dans le domaine de l’audiologie ?

A. D. : L’intelligence artificielle est utilisée depuis longtemps pour classifier les différents environnements sonores et orienter la réponse du dispositif auditif à ces environnements. On fait « apprendre » au dispositifs ces différentes ambiances afin qu’il puisse affiner ses réglages. Par exemple, s’il y a de la parole dans le bruit, dans une atmosphère bruyante telle qu’un bar, l’aide auditive est capable de réagir en activant un réducteur de bruit et un micro directionnel. Le microphone directionnel cible la parole, améliorant ainsi la compréhension de l’utilisateur.

En audiologie, l’intelligence artificielle permet aussi d’aller au-delà de la simple correction auditive, en intégrant aujourd’hui aux aides auditives des capteurs de santé (suivi de l’activité physique d’une personne, détection de chutes ou encore géolocalisation). Ce monitorage de la santé globale est intéressant car les aides auditives sont portées 10 à 15 heures par jour.

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