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Le point sur la malvoyance

« Malvoyant, malvoyante = personne dont la vue est diminuée. » La définition du Larousse est juste, mais elle ne dit évidemment pas tout. Que signifie précisément être malvoyant ? Quelles sont les causes ? Les traitements ? Où en est la recherche ? Eléments de réponse avec le Pr Michel Paques, médecin-chercheur au Centre d’Investigation Clinique Vision du Centre hospitalier national des Quinze-Vingts à Paris.

Vision floueOn estime qu’1,7 millions de personnes souffrent actuellement de malvoyance en France*. C’est beaucoup, et selon l’Organisation mondiale de la santé, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2050, en raison de l’augmentation de l’espérance de vie et du vieillissement de la population. La malvoyance, ou basse vision, c’est quoi exactement ? Une personne est considérée comme malvoyante si son acuité visuelle après correction est comprise entre 4/10e et 1/20e, ou si son champ visuel est compris entre 10 et 20 degrés. « Au-delà des chiffres, être malvoyant, c’est sentir que l’on n’atteint pas son plein potentiel visuel », affirme le Pr Michel Paques.

Des origines éclectiques

« Parmi les causes les plus fréquentes, il y a l’amblyopie de l’enfant qui, si elle n’est pas dépistée et traitée avant l’âge de 6 ans, peut détériorer très fortement la vision d’un des deux yeux. Il y a aussi les troubles de la réfraction, comme la myopie, ou les traumatismes pouvant entraîner un décollement de rétine. Il y a enfin toutes les pathologies, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), le glaucome, la cataracte ou la rétinopathie diabétique. » En France, cette dernière est la première cause de cécité avant 65 ans. D’autres maladies des yeux sont génétiques, comme la rétinopathie pigmentaire, une dégénérescence des cellules photoréceptrices de la rétine.

Prévenir, plutôt que guérir

« Il faut absolument dépister l’amblyopie au plus tôt. Lorsque le problème est détecté en temps et en heure, avant l’âge de 6 ans, l’œil atteint peut être sauvé. » Pour bien voir toute sa vie, il faut être pleinement acteur de sa santé. Déjouer des pièges bien connus, comme le soleil. Ne pas s’en protéger pourrait exposer à des risques accrus de cataracte et de DMLA, « même si les études à ce sujet sont discordantes », précise le Pr Paques. Attention en particulier aux enfants : jusqu’à l’âge de 12 ans, leur cristallin ne filtre qu’une partie des UV. Autre toxique, le tabac. La DMLA apparaît de façon précoce et progresse plus vite que chez les non-fumeurs. Le tabac accélère aussi le vieillissement du cristallin, augmentant ainsi le risque de développer une cataracte précoce ou une rétinopathie diabétique. « Quant au diabète, il doit être sous contrôle pour éviter la rétinopathie diabétique ainsi que la cataracte », prévient le Pr Paques.

Des traitements de plus en plus efficaces

Œil trop court, trop long, pas assez puissant… Les défauts visuels se corrigent aujourd’hui de mieux en mieux. Au-delà des lunettes, ou de la chirurgie au laser, les myopes peuvent aussi porter des lentilles la nuit -il s’agit de l’orthokératologie – pour réduire la courbure de leur cornée, et bien voir le jour d’après. Les progrès concernent aussi les maladies de l’œil, qui touchent en priorité les personnes âgées. La cataracte, qui a longtemps privé de la vue, partiellement ou totalement, une proportion importante des plus de 70 ans, « s’opère très bien aujourd’hui. » Si le glaucome ne se guérit pas, il peut être stabilisé. « Parmi les nouveaux traitements, les injections intravitréennes, qui permettent de traiter la DMLA, mais aussi d’autres maladies comme la rétinopathie diabétique, sont une révolution. » Pour traiter la forme humide de la DMLA (celle où de nombreux vaisseaux se développent autour et en arrière de la macula), on injecte directement dans l’œil, avec une aiguille très fine, sous anesthésie locale, un médicament dit anti-VEGF (vascular endothelium growth factor), qui va bloquer le développement des néovaisseaux.

Les pistes prometteuses des chercheurs

Permettre aux malvoyants de sortir du « flou », c’est le rêve de très nombreux chercheurs. Et leurs travaux sont extrêmement prometteurs.

  • A l’image de la thérapie génique, qui vise à réparer le gène malade. Des essais cliniques ont par exemple été menés sur des patients atteints de neuropathie optique héréditaire de Leber (NOHL), une maladie rare qui fait baisser brutalement l’acuité visuelle, jusqu’à la cécité. La thérapie mise au point par une équipe de l’Institut de la Vision, en France, a permis de corriger un gène défectueux. Plus de ¾ des patients inclus dans l’essai ont vu leur vision améliorée.
  • Autre piste sur laquelle travaillent des chercheurs, la thérapie par cellules souches. Grâce à elles, des cellules d’épithélium pigmentaire rétinien ont notamment pu être recréées. « Des études sont en cours, même si pour l’instant les essais ne sont pas encore concluants », reconnaît le Pr Paques.
  • Les implants rétiniens, eux, devraient bientôt devenir réalité. « Une mise sur le marché est attendue d’ici quelques années. Ce sera limité à quelques indications, comme la DMLA de forme atrophique. » Comment ça marche ? Une mini puce est implantée par le chirurgien sous la rétine. Elle remplace les photorécepteurs perdus, et parvient à réactiver le circuit neuronal résiduel, pour qu’il recommence à envoyer des informations visuelles au cerveau.

Les malvoyants verront-ils bientôt mieux ? Une chose est sûre, à écouter les experts, et à observer les essais cliniques en cours, les années à venir devraient être ponctuées de formidables découvertes.

Optic 2000, au service des personnes malvoyantes
Améliorer le quotidien des femmes et des hommes atteints d’une déficience visuelle, c’est une des missions inscrites dans l’ADN d’Optic 2000. Cet engagement se concrétise notamment à travers trois centres CECOM (à Paris, Lille et Besançon) et 221 magasins Optic 2000 agréés « Points Experts Basse Vision » qui aident ces personnes à maintenir leur autonomie et améliorer leur qualité de vie au quotidien.

 

* La Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), 2005.

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