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Le sport peut nuire aux oreilles, mais il est possible de se protéger !

Courir, pédaler, nager, faire du yoga ou de la boxe : bouger est excellent pour la santé, assurément. Mais certaines disciplines peuvent abîmer le capital auditif, malheureusement loin d’être illimité. La bonne nouvelle ? Il est tout à fait possible de se protéger, pour bien entendre le plus longtemps possible. L’exemple du tir sportif.

Jean Quiquampoix, tireur sportifAvec l’âge, la peau se ride, les cheveux blanchissent et les oreilles n’échappent pas à ce phénomène du vieillissement, lent mais inéluctable. La presbyacousie désigne ainsi la diminution physiologique de l’acuité auditive, au fil des années. Si l’adoption de bonnes habitudes permet de protéger son audition, à l’inverse, certaines choses risquent d’accélérer ce processus naturel. D’où la nécessité de prévenir. Car une fois que les cellules auditives -les cellules ciliées situées dans l’oreille interne- ont été endommagées, c’est irréversible : elles sont à l’heure actuelle incapables de « repousser ».

Jean Quiquampoix, tireur sportif, l’a bien compris. « Dans les stands de tir, la protection auditive est absolument obligatoire », rappelle l’athlète, vice-champion olympique à Rio de Janeiro en 2016, champion olympique à Tokyo en 2020, soutenu par Audio 2000 pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Il s’agit en effet d’une règle officielle de la Fédération française de tir.

Un sport, douze disciplines

Le Tir est un sport regroupant douze disciplines (Arbalète, Armes anciennes, Silhouettes métalliques, Cible mobile…). Jean Quiquampoix, lui, pratique le pistolet vitesse 25 mètres. L’arme qu’il utilise est un pistolet semi-automatique de calibre 22 Long Rifle. Pendant les compétitions, les participants doivent réaliser des séries de cinq coups en à peine quelques secondes (8, 6 et 4 secondes), pour atteindre le plus au centre possible chacune des cinq cibles, disposées à 25 mètres. Cela demande, naturellement, beaucoup de précision, et de rapidité. Lors des entraînements, la première préoccupation est bien sûr la sécurité, et tout manquement à une règle peut entraîner l’exclusion. La protection auditive, elle non plus, n’est pas négligée, bien au contraire. « J’ai commencé cette discipline il y a douze ans, et j’ai toujours été sensibilisé à ce sujet de la protection auditive, dès le tout début », insiste Jean Quiquampoix. « Dans cette discipline, c’est une évidence, car il est douloureux de tirer sans protection. »

Tir et audition, les liaisons (potentiellement) dangereuses

Jean Quiquuampoix, tireur sportifC’est bien connu, l’audition peut être endommagée par des bruits trop forts ou trop répétés. C’est ce qui explique que le tir sportif, sans protection, soit une activité à risque pour nos oreilles. La puissance de détonation provoquée par le tir d’une arme à feu se situe en moyenne autour de 130 décibels. Or, le seuil de risque pour l’audition est, lui, à 85 dB ! Franchir ce palier peut faire souffrir les oreilles de différentes manières.

La répétition des déflagrations peut ainsi endommager les cellules ciliées de l’oreille interne et entraîner des acouphènes : la sensation d’avoir dans les oreilles le bruissement du vent dans les arbres, une radio qui grésille, une chute d’eau…. Les acouphènes sont des sons que l’on entend dans l’oreille sans origine extérieure. Ils peuvent être éphémères ou permanents. Suite à un traumatisme sonore entraînant des acouphènes, il est recommandé de consulter un ORL dans les 48 heures. Au-delà, quand les acouphènes s’installent durablement, ils peuvent être très pénibles au quotidien. S’il n’existe pas de molécule miracle pour s’en débarrasser à ce stade, il est possible d’apprendre à mieux les tolérer, avec par exemple un appareil auditif ou une thérapie sonore pour détourner l’attention et apprendre à cohabiter avec.

Une exposition à des sons trop forts peut aussi entraîner une hyperacousie, intolérance à certains sons. Les pleurs d’un enfant, l’aboiement d’un chien, le bruit d’un aspirateur ou une sirène de pompiers peuvent, notamment, être extrêmement pénibles à supporter pour un hyperacousique.

Une double protection, sinon rien

Heureusement, tous ces effets néfastes n’ont rien d’une fatalité, car des protections efficaces existent. « La fédération française de tir exige que nous passions une audiométrie tous les deux ans », rappelle Jean Quiquampoix. De quoi déceler une éventuelle perte auditive. « Surtout, pour me protéger lors des séances de tir, je porte une double protection : des bouchons d’oreille, et un casque antibruit. »

Il existe deux familles de casques anti-bruit, les « passifs » et les « actifs » :

  • Les casques dits passifs sont plus protecteurs, car ils forment une barrière mécanique face aux nuisances sonores. Leurs matériaux (plastique, coque et mousse interne) retiennent le son, pour lui éviter d’atteindre le tympan. Le volume sonore est réduit de manière globale, et le tireur se retrouve « dans sa bulle ».
  • Les casques actifs, eux, sont filtrants, car ils sont capables de différencier les différentes fréquences sonores. Concrètement, ils vont minimiser -d’au minimum 35 dB- les sons très forts, ceux qui sont dangereux pour le système auditif, mais ils laisseront passer les autres sons. Ce qui permettra au tireur, par exemple, d’entendre ce qu’un collègue sur le stand de tir a à lui dire.

Jean, lui, a une protection passive, la plus protectrice. Pour gagner des médailles comme pour protéger sa santé auditive, aucun détail n’est laissé de côté. Sans doute une des clés de sa brillante réussite…

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