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Le traitement des verres, impératif pour protéger le capital visuel

Trop méconnus des porteurs de lunettes, les traitements des verres sont les garants de leur confort mais aussi de leur santé visuelle. Ils constituent de fantastiques condensés de technologies qui s’inscrivent dans l’histoire de l’optique.

Une paire de lunettes

©Carmen Martínez Torrón

Les traitements combinés sont apparus dans les années 1990 par dépôt de couches ultraminces grâce à des bombardements ioniques. Ils permettent de conférer des propriétés de transparence, d’oléophobie et d’hydrophobie (laisse glisser le moindre liquide et les graisses) mais aussi de la résistance aux rayures et plus récemment de la protection aux rayons UV et à la lumière bleue. « Aujourd’hui, il faut imaginer le traitement des verres comme une succession de couches ou de technologies d’absorption de rayons. Le défi est de trouver le meilleur rapport entre la résistance du verre, sa finesse et sa capacité de protection aux rayons UV et à la lumière bleue » expose Ludovic Montagne, opticien LISSAC à Louvres (95).

« Environ 70 % de mes nouveaux clients ne connaissent pas l’utilité des traitements. Ils vont directement sur un choix de monture alors qu’identifier ses besoins au niveau des verres est essentiel » considère l’opticien. Environnement professionnel, temps passé devant les écrans, loisirs, habitudes de conduite ou de lecture sont autant de paramètres à prendre en compte pour choisir des traitements adaptés.

Des traitements de surface à toutes épreuves

« Le traitement primordial est le vernis de surface qui apporte la résistance aux rayures » indique Ludovic Montagne, qui rappelle que « les verres optiques organiques, ceux qu’on utilise aujourd’hui, sont plus légers que les verres minéraux du passé, mais aussi plus fragiles ». Georges Lissac, fondateur de LISSAC, est à l’origine de la création des premiers verres organiques, ORMA en 1958 (en savoir plus sur l’histoire de LISSAC).

Le vernis durcisseur de surface est le seul traitement en contact direct avec le verre. Par-dessus le vernis, se trouvent généralement une ou plusieurs couches d’antireflet qui permettent d’éviter les phénomènes d’éblouissement ou de réverbération. Le confort et la qualité de la vision sont considérablement améliorés. Et comme les verres sont traités sur leur deux faces, ce qui limite les reflets parasites des deux côtés du verre, les yeux du porteur de lunettes sont aussi plus visibles de ses interlocuteurs.

D’autres traitements de surface sont possibles comme l’antisalissure grâce auquel il y a moins de traces de doigts et de poussière, et qui permet aux gouttes d’eau de perler à la surface du verre pour mieux s’évacuer.

De la même manière qu’il existe des verres dont le matériau lui-même absorbe les UV, les verres à teinte variable ont la propriété de foncer au contact de la lumière. Clairs lorsqu’ils ne sont pas actifs, ils réagissent aux rayons ultraviolets. En cas de fort ensoleillement, il peut foncer autant qu’un verre solaire. Autrement dit, ils sont à la fois verres de vue à l’intérieur et verres solaires correcteurs à l’extérieur.

L’anti-lumière bleue : un traitement en passe de devenir incontournable

Aujourd’hui, il existe aussi des anti-reflets avec un filtre anti-lumière bleue, devenu une nécessité avec la multiplication des écrans et des LED. Protéger l’œil de la lumière bleue est en effet un réel enjeu de santé publique aujourd’hui : elle perturbe les rythmes biologiques (dont le sommeil), et peut conduire à long-terme à une baisse définitive de l’acuité visuelle partielle ou totale. Une exposition chronique augmente le risque d’apparition de la DMLA ; les données scientifiques montrent des effets phototoxiques (fait que les cellules de la rétine soit endommagées par la lumière) au long-court (étude ANSES 2019).

« Il faut savoir que le système visuel est celui qui vieillit le plus vite. Avec le vieillissement de la population, il est impératif pour nous de trouver des solutions pour protéger le capital visuel, pour qu’il soit fonctionnel le plus longtemps possible » confirme Emilie Derigny, responsable de la communication chez Essilor. Les différents fabricants de verres optiques développent des technologies pour obtenir des verres avec des propriétés « anti-lumière bleue » intrinsèques.

Un choix de traitements sur-mesure : la mission de l’opticien

Pas facile de faire un choix parmi cet éventail de traitements des verres ; le travail de l’opticien est justement d’accompagner les clients en leur apportant une expertise sur les besoins exprimés et les possibilités à leur disposition.

« En fin de compte j’ai toujours une double proposition, en plus de celle du 100 % santé : une proposition que je considère être la plus proche de leurs besoins et une intermédiaire qui se rapproche plus du budget prévu de mes clients », détaille Ludovic Montagne.

Pour optimiser la recherche des besoins, il a intégré à son magasin un studio « NIKON » qui met à disposition un système d’outils interactifs pour expliquer de façon didacticiel l’intérêt des différents traitements et type de verres.

Peut-on éviter la buée avec le masque ?
Le masque et le port de lunettes font a priori mauvais ménage. En quelques minutes, la buée oblige souvent à ôter ses lunettes. « Même s’il n’existe pas de verres anti-buée à proprement parler, nous recommandons fortement le traitement hydrophobe qui laisse couler l’eau. La buée n’étant qu’une vaporisation de micro gouttelettes, elle aura plus de mal à adhérer sur une surface ainsi traitée. » explique Ludovic Montagne. Si les verres anti-buée ont pour le moment été abandonnés parce que les premiers essais n’ont pas été concluants, il est possible de lutter contre la condensation de vapeur d’eau grâce aux produits d’entretien. Un spray anti-buée, que l’on applique une fois par jour sur les deux faces du verre, après le produit nettoyant, et qu’on essuie légèrement, peut s’avérer bien efficace. À la condition toutefois que le verre soit parfaitement propre. Pour ce faire, Ludovic Montagne conseille « de se rendre chez son opticien qui nettoiera votre équipement grâce à un bac à ultrasons permettant d’ôter toute la matière organique ».

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