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Lentilles de contact, des performances toujours améliorées

Les lentilles de contact corrigent déjà la majorité des troubles réfractifs (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie) et leur potentiel ne cesse de s’élargir. Au point que la Société française d’ophtalmologie y a consacré son rapport 2019-2020. Tour d’horizon avec le Dr Louisette Bloise, ophtalmologiste et coordonnatrice de ce rapport.

Lentilles de contact

© buradaki

Les lentilles : rigides, souples ou hybrides, selon le trouble et le choix du porteur

Les lentilles souples offrent une vraie facilité d’adaptation et sont les plus utilisées en France. Les progrès des matériaux, pour une hydratation et une perméabilité à l’oxygène optimales, permettent à ces lentilles d’être très bien tolérées par l’œil. Le champ des corrections est large : certaines lentilles mensuelles corrigent des myopies supérieures à -12, des hypermétropies importantes supérieures à +9 ou des astigmatismes compliqués, ainsi que les presbyties. Des lentilles à renouvellement trimestriel ou semestriel sur mesure, fabriquées à l’unité par usinage, sont une solution pour les fortes corrections ou les cornées hors normes.

La correction des lentilles rigides est particulièrement performante, notamment chez les enfants en cas d’astigmatisme important, et pour les corrections compliquées, car ces modèles peuvent être plus personnalisés que les souples. Les nouvelles lentilles rigides sont bien tolérées car composées de matériaux perméables aux gaz qui respectent l’oxygénation de la cornée. Elles conviennent donc bien à des patients souffrant de sècheresse oculaire modérée et à des cornées pathologiques (irrégulières, après greffe ou chirurgie…). L’adaptation de l’œil à ces lentilles nécessite un temps d’accoutumance de quelques jours à plusieurs semaines, ce qui rend leur prescription minoritaire (10% des prescriptions tous types de lentilles confondus). Il est cependant à noter que leur utilisation a augmenté ces dernières années en France (21 % des adaptations en 2018) [1]. Leur durée de vie peut aller d’un à deux ans. « Durant les premiers jours, le bord peut gêner un peu, mais ensuite elles sont aussi confortables que les lentilles souples, surtout en cas de sécheresse oculaire, explique le Dr Louisette Bloise. Les infections sont aussi moins fréquentes. »

Les lentilles hybrides, enfin, sont souples en périphérie, pour un meilleur centrage et une adaptation plus facile, et rigides au centre pour corriger certaines aberrations visuelles plus complexes : fortes amétropies (astigmatisme, hypermétropie, myopie) ou cornées irrégulières suite à une déformation du centre de la cornée (kératocône), une greffe de cornée ou un traumatisme de l’œil. Elles peuvent être renouvelées tous les trimestres ou semestres.

La lentille sclérale pour les cornées pathologiques

D’un plus grand diamètre que la lentille traditionnelle, et plus bombée, la lentille sclérale prend appui sur la sclère (partie blanche de l’œil) et non sur la cornée qui est plus sensible. Elle combine une action correctrice, un effet pansement pour la cornée fragilisée et un effet hydratation. Réservées à des cornées pathologiques, ces lentilles sont une solution pour les yeux fragilisés, après une chirurgie (greffe de cornée), une infection oculaire, une dystrophie cornéenne ou un kératocône par exemple, et surtout pour les personnes souffrant d’un syndrome sec. Par ailleurs la pose et l’adaptation sont complexes et le suivi doit être rigoureux.

L’orthokératologie élargit ses indications

Le principe de l’orthokératologie consiste à remodeler la cornée des personnes myopes pendant la nuit, par le biais de lentilles rigides, pour leur permettre de recouvrer une vision optimale durant la journée. La lentille nocturne aplatit la partie trop bombée de la cornée et rectifie la puissance de l’œil. Il ne s’agit pas d’une déformation mécanique stricto sensu, mais d’une action de la lentille permettant aux cellules épithéliales de la cornée, qui se renouvellent sans cesse, de « migrer » pendant la nuit, ce qui épaissit certaines zones et en affine d’autres. La modification de la courbure de l’œil persiste pendant 24 à 36 heures. Corriger sa vision sans porter d’équipements pendant la journée intéresse notamment les sportifs ou les personnes exerçant dans un environnement poussiéreux. Ces lentilles sont fabriquées dans un matériau extrêmement perméable ce qui permet l’oxygénation des tissus pendant la nuit.

Plus récemment se sont développées des lentilles d’orthokératologie destinées à certaines formes fréquentes d’astigmatisme (astigmatisme cornéen antérieur), aux hypermétropies légères et, depuis fin 2020, aux presbyties. « Mon expérience dans ce domaine se limite encore à une poignée de cas, mais cela semble une piste très intéressante » explique le Dr Bloise.

Prévenir la myopie, une autre facette des lentilles de contact

De nouvelles lentilles souples sont apparues ces dernières années pour agir sur l’évolution de la myopie chez les enfants. Elles reposent sur le principe de la défocalisation périphérique. « Quand un œil est myope, il est trop long, explique le Dr Bloise, si on corrige avec des lunettes ou des lentilles classiques, les rayons centraux arrivent sur la rétine mais les rayons périphériques se retrouvent en arrière de la rétine, ce qui donne à l’œil le signal qu’il faut continuer à s’allonger. » Avec la défocalisation, ces rayons périphériques sont volontairement déviés pour les faire se retrouver sur la rétine. L’œil ne reçoit plus de « stimulation » l’incitant à s’allonger. Les études conduites montrent que les lentilles de défocalisation permettent de réduire de 60 % l’évolution de la myopie. On retrouve ce même principe de défocalisation périphérique dans l’orthokératologie, ce qui en fait une autre solution pour freiner le développement de la myopie.

Le schéma présente les verres à défocalisation périphérique. Les lentilles de défocalisation fonctionnent sur le même principe.

Le schéma présente les verres à défocalisation périphérique. Les lentilles de défocalisation fonctionnent sur le même principe.

 

[1] Rapport 2019-2020 de la SFO « Les avancées en contactologie », sous la direction de Louisette Bloise. www.sfo-online.fr/rapport/les-avancees-en-contactologie

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